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Plein les yeux plein les oreilles

Lundi 20 mai 2013 1 20 /05 /Mai /2013 21:11

 

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ART ROCK 2013 # 7 Dimanche 19 mai

 

 

Passer trois jours à Art Rock, c’est aussi l’occasion d’en apprendre plus. Sur la vie, sur le monde de la musique. Un festival pédagogique en somme. J’aimerais partager avec vous tout ce que j’ai appris hier lors de cette dernière journée de festivités :

 

Couvrir un festival seul, c’est impossible. Bon ça je le savais depuis un moment. Mais ce week-end, dans l’explosion du 30ème anniversaire, j’ai souvent regretté de ne pas pouvoir être doué du don d’ubiquité. Pour pouvoir manger à Rock’n Toques tout en admirant Agnès Obel tout en assistant au concert des Craftmen Club tout en suivant une conférence sur le chant contestaire avec Pierre Lemarquis tout en prenant du temps pour les visages connus. Soit on fait tout à moitié, soit on choisit et on rate le reste.  « Tout choix est une mutilation ». Jean-Paul Sartre aurait pu faire Art Rock.

 

La pluie ne change rien à l’affaire. Cette dernière journée a été marquée par les précipitations. Du coup, des rues désertes, ponctuellement des spots résistants. St Brieuc reprenait ses couleurs traditionnelles. j’ai donc appris à enfiler un poncho en moins de dix secondes tout en écoutant le blues contagieux de Sallie Ford, j’ai donc confirmé que le savoir-faire ébouriffant de Skip the Use n’était pas soluble dans l’eau. N’en déplaise aux grincheux, ces types pourraient convaincre un octogénaire de réformer la danse de St Guy.

 

Se forger un avis par soi-même. Et consacrer le talent incroyable de Miles Kane qui a su faire vibrer la Grande Scène à coups de riffs puissants et parapluies. Vivre un moment d’extase lors du concert de Guillaume Perret, véritable chaman d’un jazz aussi excitant, exigeant que généreux. Gros coup de cœur du festival sans doute esquinté par l’heure de sa programmation. Ceux qui y étaient ont mesuré leur chance.

 

Public, cet inconnu.  Somme d’individualités, le public d’un festival n’en finit pas de surprendre. Pénible dans ses bousculades, enthousiasmant quand unanime, comme partout les festivaliers d’Art Rock sont capables du meilleur comme du pire. Guindés pendant la géniale prestation de Mesparrow, ils finissent sur une standing ovation (méritée). Hypnotisés pendant La Fura Del Baus, plusieurs trouvent la performance poussive, longuette, datée.

 

Artistes, ces inconnus. Saviez-vous que Mesparrow doit son nom à Mis (s) Parrow (Mademoiselle Moineau) ? Que Fauve a entériné avant-hier un énorme succès public, n’en déplaise aux réacs qui refusent l’évidence ? Que Kavinsky s’est fait refouler de la soirée V.I.P parce qu’il n’avait pas son bracelet passe-partout ? Que Sexion D’assaut a coûté le plus cher au festival (40.000 €) pour des morceaux qui valent 1 euro les trois refrains ?

 

Art Rock 2013 c’est terminé. Restent de beaux souvenirs différents pour chacun. Cap sur la 31ème édition.

 

Pour souvenir :

 

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Expo sérigraphie Le Disquaire

 

 

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Lou Doillon & mon pote Pierre avec casquette.


 

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Kavinsky et son set prêt à porter.


 

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Répétitions de LA Fura Del Baus


 

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Young Power


 

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DJ Matraque à Dandy Rock Le Shop

 

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Guillaume Perret

 

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La Fura Del Baus

 

Par Johann - Publié dans : Plein les yeux plein les oreilles
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Dimanche 19 mai 2013 7 19 /05 /Mai /2013 17:12

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ART ROCK 2013 # 6 Samedi 18 mai

 

 

Mesdames, messieurs,

 

Bienvenue à cette première édition 2013 du grand prix cinématographique du Festival Art Rock.

 

Les lauréats sont :

 

Dans la catégorie meilleurs effets spéciaux :

 

Le groupe malien Tinariwen qui a joué un set chaleureux bras nus et en Chèche par 9°c à St Brieuc. Chapeau les gars. Trucage bluffant mais perfectible puisque le chanteur a revêtu une doudoune à mi-concert.

 

Dans la catégorie meilleur montage :

 

Thomas Berland alias Breakbot qui a osé mélanger funk à la Chic, électro minimale, mauvais goût eighties et citations bien senties.

 

Dans la catégorie meilleur espoir féminin :

 

Cata. Pirata du groupe Skip & Die qui a su focaliser tous les regards et attentions hier soir à la Passerelle.

 

Dans la catégorie meilleur espoir masculin :

 

Le chanteur lexomilé Shoegaze de Breakbot. On pourra lui reprocher d’en faire un peu trop dans le rien.

 

Dans la catégorie meilleur doublage :

 

Yan Wagner qui a cette étonnante faculté de rappeler à la fois Dave Gahan (Depeche Mode), Paul Banks (Interpol) et Nicolas Ker (Poni Hoax). Même amplitude sombre, mêmes rythmes envoutants et séduisants.

 

Dans la catégorie meilleur scénario :

 

Emir Kusturica & the Non Smoking Orchestra pour son fil conducteur Pink Panther et la folie bordélique de son set. On pourra leur reprocher une intrigue assez floue et des canevas narratifs simplistes, un trop grand nombre de figurants, mais dans le genre feel good movie ils ont encore de beaux restes.

 

Dans la catégorie meilleurs costumes et meilleur film :

 

Wax Tailor & The Dusty Rainbow Experience. Sens de l’image musicale, variations d’ambiance, exploitation pertinente de la voix-off, Jean-Christophe le Saoût (Wax Tailor) et Charlotte Savary tout de rouge et noir vêtus ont séduit les hanches et cervicales du public. Seul bémol, dialogues et transitions qui nous font vite retomber au cœur d’une boite de nuit en périphérie d’Aubervilliers.

 

Mention spéciale du Jury :

 

Daft Punk pour l’ensemble de son œuvre, présence fantôme des sets de Breakbot et Kavinsky. Qui a dit opportunisme ?

 

 

 

 

Par Johann - Publié dans : Plein les yeux plein les oreilles
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Samedi 18 mai 2013 6 18 /05 /Mai /2013 18:15

 

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ART ROCK 2013 # 5  – Vendredi 17 mai

 

Indécises ces premières heures à St Brieuc. Où aller, par quoi commencer ? Indécis aussi le temps (un crachin m’accueille au sortir de la gare) comme le ciel (entre bleu clair et gris foncé), comme le prix de la bière (qui a hoqueté de 30 centimes cette année, ça fait cher le rot).

 

Heureusement, les Bumpkin Island eux n’hésitent pas longtemps à nous mettre dans l’ambiance d’un festival généreux, choral et harmonieux. Première belle surprise que ce collectif du cru programmé chez Dandy Rock le Shop pour deux sessions acoustiques. Il fallait entendre le silence recueilli du public pour prendre conscience que la beauté d’un concert se joue parfois sur le fil avant de choisir le côté lumineux.

 

Arrivé sur la Grande Scène vers 18h00, je me fais la réflexion que le festival lui non plus n’a pas hésité à rassembler ce vendredi quatre artistes conspués par les haters, quatre victimes de la polémique organisée ces derniers mois dans les milieux autorisés. Y aurait-il du vice chez les programmateurs ? Plus cruelle que le supplice de Tantale (et les bretons en connaissent un rayon) l’affiche de ce vendredi soir s’apparentait à un best-of des cloués au pilori du web. L’occasion idéale de vérifier sur place et de distinguer le bon grain de l’ivraie.

 

C’est Lescop qui a la lourde tâche d’entamer les hostilités. Lui qui distille un univers sombre et inquiétant est programmé paradoxalement en plein jour, alors que les derniers rayons du soleil donnent des espoirs estivaux aux festivaliers. Sa prestation ne fera pas bouger les lignes : ceux qui trouvent sa musique monotone ou surestimée camperont sur leurs positions. Le set fut carré, compact, efficace, soutenu par une section rythmique sèche et tranchante, au détriment parfois de la voix légèrement sous mixée. Intéressant, peut-être encore un peu modeste pour une grande scène.

 

Que dire si vous n’y étiez pas ?

 

« Le guitariste se la joue Strokes des alpages. Et il en fait des caisses. »

 

 Lou Doillon enchaîne et doit elle aussi faire ses preuves, suspecte d’être fille de. L’artiste est sympathique et spontanée, le set un peu scolaire ou décevant, dû à une voix parfois trop nasillarde ou éraillée. L’ensemble peut séduire mais semble encore trop timide pour une Grande Scène.

 

Que dire si vous n’y étiez pas ?

 

« Elle avait un drôle de pull Tomboy mais il paraît qu’on a perdu ses affaires dans l’avion »

 

Alors que le soleil se couche entre en scène un Benjamin Biolay classieux qui va mettre tout le monde d’accord. Premier gros coup de cœur du festival, le chanteur revenu en odeur de sainteté depuis La Superbe propose un set puissant et maîtrisé qui surprend par le travail de relecture des morceaux. Mis en selle par Qu’est-ce que ça peut faire ? le dandy déroule ensuite une sélection des plus beaux morceaux de son répertoire avec élégance et force, épaulé par des musiciens impressionnants d’inventivité. Le climax sera atteint avec un A l’origine apocalyptique qui flirte avec l’artillerie lourde d’un groupe métal sans verser dans la caricature. Soufflant, brillant. Padam pour cerise sur le gâteau et une belle complicité avec le public. L’affaire est dans le sac, hier soir Biolay fut grand. 

 

Que dire si vous n’y étiez pas ?

 

« Après le concert, on a su que Guingamp passait en ligue 1 »

 

 

Si les morceaux épiques et grandiloquents de Woodkid méritent d’être joués sur la Grande Scène, lui non plus ne fera pas bouger les lignes. Si vous avez aimé l’album, vous avez sûrement aimé la prestation. Si vous aviez des réserves, pas de raison que ça change. Hyperbolique, parfois pompier, Yoann Lemoine a délivré un set maîtrisé et efficace. Ni plus, ni moins, l’émotion en option.

 

Que dire si vous n’y étiez pas ? : Réécoutez le cd et brodez un peu.

 

Enfin Kavinsky. Trois quatre morceaux histoire de vérifier que le dj drivé connaît bien son Soulwax et son Daft Punk (quoi opportuniste ?) Set club qui fait remuer les teenagers. Je file enfin au Forum mais je rate La Femme.

 

Que dire si vous n’y étiez pas ? : J’en sais rien je n’y étais pas non plus.

 

Cette belle première journée se termine en beauté avec ST Lô qui propose une deuxième partie de set électrique et habité. Une belle découverte déjà programmée aux Transmusicales l’année dernière. 3h00, temps d’aller se coucher. Sans hésiter.

 

Que dire si vous n’y étiez pas ?

 

a)     « J’étais crevé »

b)    « J’étais saoul »

c)     « Je pouvais pas j’étais à Cannes ».

 

 

A demain !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Johann - Publié dans : Plein les yeux plein les oreilles
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