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Route du Rock Seas 22 ep. 2
Hier soir j’en ai voulu à la terre entière.
J’en ai voulu à un bénévole d’avoir remplacé mon beau gobelet Route du Rock 2012 par un moche gobelet Kronenbourg. Ma mission ce soir est de le récupérer.
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J’en ai voulu à l’ingé-son qui nous a privé de la voix puissante et charismatique de Jehnny Beth pendant trente longues secondes. De mémoire de festival, je crois n’avoir jamais vu autant de yeux incriminateurs tournés vers une régie. Cela n’a pas empêché les Savages de livrer un set compact, très rock, quand Ian Curtis rencontre Siouxsie And the Banshees. A suivre.
J’en ai voulu aux programmateurs d’avoir placé Lower Dens juste avant The XX. Venant défendre Nootropics, ils ont livré un set très ambiant, convaincant et séduisant par moments (le toujours imparable Brains), mais malheureusement inégal sur l’ensemble et souffrant, par anticipation, du mastodonte à venir. Regrets.
J’en ai voulu aux XX sans trop savoir pourquoi. Sans conteste le groupe le plus désiré du festival. Son impressionnant. Charisme, sensibilité et profondeur des deux
voix qui s’entrelacent de mieux en mieux ensemble. Beau lightshow accentuant les ambiances troubles ou sensuels des chansons. Mais… Est-ce dû à l’énorme attente autour de ce concert, (mise en
bouche de Coexist prévu pour le 11 septembre), est-ce dû à cette idée qu’avec tant de qualités manifestes la performance n’était pas non plus transcendante ? En tous les cas il manquait
un je ne sais quoi qui aurait pu réellement faire de cette heure forçant le respect un vrai moment intense et magique. Tant pis.
J’en ai voulu à Mark Lanegan d’avoir loupé le coche et raté de surcroît les premières minutes de l'anniversaire de mon pote. Fan de la première heure, il m’a confié sa déception, moi qui n’attendais rien de particulier du chanteur sinon de retrouver sa classe naturelle et l’élégance de sa voix sépulcrale. Résultat : un show à l’américaine, millimétré et efficace, qui m’a cependant donné la désagréable impression d’écouter les compils Rock-Line sur la route 66. Carré, puissant, mais lisse. Seuls un ou deux morceaux du dernier album retiennent l’attention. Dommage.
Enfin je m’en suis surtout voulu.
D’avoir attendu la Route du Rock pour découvrir le fiévreux et possédé Willis Earl Beal qui a ressuscité hier soir la puissante folie d’un Screamin’ Jay Hawkins. D’une voix féline ou rageuse, son (trop) court set m’a plus que convaincu et donné envie de mixer du Wilson Pickett sur du Portishead low-fi. C'est dire. Merci Willy.
D’avoir repoussé si longtemps l’écoute approfondie d’Other People's Problems de Breton. Et BLAM (oui tout en majuscule) : la claque de ces deux premiers soirs. Moi qui hésitais à quitter le Fort saisi par la fatigue, je suis resté médusé par la prestation de ces jeunes anglais qui ont condensé en une heure énergie disco, puissance punk, fantaisie électronique, mélodies imparables. Cerises sur le gâteau, leur joie d’être sur scène était communicative, et les animations vidéos projetées sur les écrans, galvanisantes. Quelque chose me dit que je vais me replonger sérieusement dans ce premier album. Et lorsque Roman Rappak dans un français impeccable nous (me ?) confie que tout ce qui a changé pour eux depuis deux ans, c’est l’impression de jouer devant un peu plus de potes, eh ben c’est con, mais on a envie de le croire. Merci donc à Breton : grâce à eux, cette édition 2012 est d’ors et déjà une réussite. Et ça, je ne leur en veux pas du tout.
A demain !
1. Aline - Regarde le ciel
2. Theodore paul & Gabriel - Please her, Please him
3. Concrete Knives - Be your own king
4. Nick Cave & The Bad Seeds - Push the sky away
5. Patrick Watson Adventures in your own backyard
6. Grizzly Bear - Shields
7. Foals - Holy fire
8. Villagers - Awayland
9. Mondrian Isn't it fun ?
10. Sixto Rodriguez - Cold Fact