Samedi 23 août 2014 6 23 /08 /Août /2014 11:57

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King Creosote - From Scotland With Love


La fin du mois d’août approche et on regarde déjà dans le rétroviseur. Tous ces festivals, ces barbecues sur doux fond musical, ces retours de la plage en écoutant les Beatles. Et devant nous le retour au boulot, les réveils matinaux. La morosité guette. Et puisqu’il faut soigner le mal par le mal, les dieux de la musique ont inventé King Creosote.

 

Perdu de vue depuis une des toutes premières chroniques sur ce site, c’est avec un immense plaisir que je retrouve ce chantre de la mélancolie. Sur ce nouvel album From Scotland With Love, Kenny Anderson trousse onze chansons à la beauté solaire et immédiate. On retrouve ce subtil filet de voix qui jamais ne force, modulant des mélodies célestes, comme sur le titre d’ouverture Something to believe in ou sur l'addictif Miserable Strangers. Les arrangements sont classieux, tout en retenue, et il faut reconnaître que quand la machine s’emballe un peu (For One Night Only) le charme opère un peu moins. L’écossais est surtout doué pour les ambiances feutrées, les murmures, les dignes complaintes. Quelques jolies tentatives de renouvellement cependant (à l’image de Bluebell, Cockleshell, 1,2,3 et ses choeurs d’enfants).

 

Rares sont les artistes capables de vous coller un si doux bourdon, un frisson de fin d’été où le pull réchauffe et réconforte. On pense parfois à Radical Face, autre génie mélodiste des petits espaces de repli, ou aux titres les plus intimistes de Beirut. Attention, intimiste ne voulant pas toujours dire minimaliste : Pauper’s Dough parvient à mêler crescendo illuminé et emphase en sourdine. Enfin, A Prairie Tale, reprenant la ligne mélodique du premier titre, confirme que l’album a été envisagé un peu comme un carnet de voyage, avec ses départs à regret, ses paysages changeants, et le retour au foyer. « L’homme n’a pas besoin de voyager pour s’agrandir : il porte avec lui l’immensité » Mon cher François-René, si tu pouvais entendre ces 39 mns de plénitude, tu verrais combien tu avais raison. 

 

Par Johann - Publié dans : Albums
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Mercredi 20 août 2014 3 20 /08 /Août /2014 18:55

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La Route du Rock 2014 - Bilan

 

Quatre jours passés. Nostalgie, musique, sourires pour soi. Je n’avais pas prévu d’écrire un article supplémentaire sur La Route du Rock. Mais au delà des concerts et des artistes, la lecture de dix mille articles sur cette édition 2014 m’a poussé à livrer quelques réflexions qui n’intéresseront sans doute que ceux qui ont partagé ces trois jours malouins.

 

  1. Ne boudons pas notre plaisir. Encore une fois, la programmation était super chouette. Tout le monde pouvait y trouver son compte, de la pop, du néo-punk, de l’électro et bien sûr du rock. Le festival se démarque de beaucoup d’autres par son exigence, ses choix militants, et on a envie de défendre cette position. Mais quand j’ai vu l’ampleur de la chenille vendredi, la joie des festivaliers à se laisser aller sur du Zouk, je me dis qu’il y a une piste à creuser. L’idée n’est pas de trahir l’esprit pointu et rigoureux de la programmation. Mais d’offrir pourquoi pas un sas de décompression un soir sur trois. Cette année a été un bel exemple : après tant de galères boueuses, de station debout, de concerts tendus, nerveux, intenses, pourquoi ne pas offrir l’espace d’une heure un bon gros set de tous ces standards qu’on danse avec un peu de honte.  Il y a en tout fan de Slowdive ou de Moderat un client pour se laisser aller sur La Compagnie Créole, Abba ou Europe. Parce qu’on est tous les mêmes. Il m’a suffi d’entonner Digadigatong digatigatong, ohé ohé, au camping pour entendre un écho énorme. Et qu’on ne me dise pas que La Route du Rock est le festival le plus classe du monde. Même si les Gérards n’avaient pas de stand cette année, leurs stickers sont la preuve par écrit qu’on aime tous le mainstream, le populaire, le graveleux.

 

  1. De qui se moque-t-on ? Certes je fais partie des happy Few qui ne font pas la queue pour rentrer sur le site. Mais j’ai aussi fait partie des festivaliers au camping. Une boue incontrôlée, un site de campement à l’aménagement plus qu’hasardeux, un site où tout le monde patauge dans la mélasse. Des bières hors de prix et souvent déjà ventilées. De la Kro ? Quand on connaît toutes les bières bretonnes, ça donne forcément envie de faire passer de la St Erwan ou de la Coreff dans l’interstice de ses bottes. D’accord pour contribuer au budget fragile du festival, mais alors prévoir plus d’endroits où s’asseoir. Bon par contre il faut reconnaître que la proposition alimentaire tient la route : Thaï, Burger, Galettes, Patates au St Nectaire, il y avait de quoi survivre au Fort St Père. Mais par pitié pensez-y : quand adoptez la position assise devient le suprême luxe, pourquoi ne pas regorger d’inventivités et poser ici des grosses pierres, là une estrade, voire plus loin, des sièges. Tout le monde ne sera pas sauvé, mais au moins on se dira que vous avez fait le nécessaire. La conférence de presse a promis des améliorations. Wait and See…

 

  1. De qui se moque-t-on (bis) ? Il ne fait pas bon être une fille à la Route du Rock. Rares sanitaires mais dégueulasses, queues interminables. Sans voyeurisme, il était fréquent de voir des solutions de fortune où la copine cache comme elle peut les fesses à l’air de sa pote derrière une poubelle pour vidanger des bières. Si on ajoute à ça les litres d’urine que les mecs ont déposé contre les barrières du Fort, on peut se demander s’il n’est pas possible d’offrir un vrai stand W.C, genre 40 blocs au sec avec du papier toilettes. S’il faut rajouter 5 € par place, je valide.  Je n’ose imaginer le festivalier à la colique pressante. De honte, il doit encore être en train d’errer dans les champs aux alentours.

 

  1. 26 500 spectateurs en trois jours. L’échec de 2012 est épongé. Portishead cette année, comme Nick Cave l’an passé, ont porté à (boue) de bras le festival. Mais attention : la colère des festivaliers, tous les désagréments ici décrits, risquent de plus en plus de ternir l’image d’un festival qui reste cependant unique en France. Personne ne peut lutter contre les caprices de la météo bretonne. Et quand l’événement s’organise sur un site certes patrimonial mais incertain, il serait peut-être bon de revoir sa com’. Il y a mille façons de recommander des bottes, de dire subtilement aux festivaliers qu’ils vont en chier…Histoire de ne pas se sentir dindons de la farce. Certes les deux dernières éditions, lumineuses, ont brouillé les pistes.  Mais il faut se rendre à l’évidence : La Route du Rock, c’est statistiquement 70% de pluie, 60% de boue, 50% de grand soleil. Alors on s’adapte ?

 

  1. Pour finir sur une note positive, il faut reconnaître qu’il règne à la Route du Rock, quelque soit le temps, une ambiance incroyable. Mille rencontres, mille entraides. Et je profite de cet article pour saluer tous les adorables croisés sur ma route, pour cinq minutes ou trois jours : Antoine, (ça va mieux ?) Anne (Temples !!!) , Stéphanie, Noon, Clémentine, Kim, Camille, Annabelle et Hervé, Chris et Isa, Chloé et François, Héloise, Yann, Laure et Elian, Clara, Matthieu…

 

 

A l’année prochaine !!!

 

Par Johann - Publié dans : Plein les yeux plein les oreilles
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Dimanche 17 août 2014 7 17 /08 /Août /2014 20:57

 

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La Route du Rock 2014 - Samedi 16 août 

 

 

Voilà la route du Rock 2014 c’est terminé. Enfin de retour chez soi. Le plaisir de retrouver le goût des choses simples : la position assise, les coussins, un éclairage décent. Finis le brossage de dents à la Cristalline, le pâté Henaff mangé au doigt à 5h00 du mat’ (il se reconnaitra) les fringues humides de pluie, de boue ou de bière (elle se reconnaitra).

 

Revenir de cette Route du Rock 2014, c’est comme revenir du Vietnam en 1975 : le superflu est essentiel. Se reconvaincre de géniales inventions comme les couverts, le parapluie, les bottes. Vous avez déjà essayé de prendre une douche dans un bac rempli de gadoue (et d’autres substances que je préfère ignorer) tout en essayant de préserver l’intégrité sèche de vos dernières fringues ? Combien de moments de solitude pour enfiler alors ne serait-ce qu’une paire de chaussettes ? Même si le temps s’est considérablement amélioré à partir de vendredi soir, incessamment la fange malouine s’est rappelée à notre bon souvenir, toujours là jusqu’à ce matin, tapie dans des recoins insoupçonnés. Il y avait dans le regard de certains festivaliers qui ont affronté ces trois jours le signe complice d’une guerre remportée de justesse. Ce regard disait : on y était, on l’a fait bordel, on a survécu. Maintenant on saura que recharger son Iphone n’est pas un geste anodin, maintenant on saura ce que signifient les mots promiscuité, confort, galère. La route du Rock comme une école de la vie.

 

Et parce qu’hier le soleil a réchauffé les cœurs, il régnait sur le Fort St Père un enthousiasme, une bonne humeur qui avait été tant mise à mal par ce jeudi noir. Tout à coup, le sourire revenait sur les visages, l’envie de communiquer, de partager redevenait nécessaire. Le sol enfin soutenait notre pas, favorisait les translations, les échanges. A tel point que le concert (apparemment foutraque, décalé et…rigolo) de Mac Demarco m’a complètement échappé alors que j’étais en route. Les gens redevenaient fous, généreux, hospitaliers. De jolies rencontres furtives, je t’offre une bière, tu m’offres une clope ? C’est donc par Baxter Dury que commence ce témoignage du dernier jour. Le chanteur et ses musiciens, dandys modernes, a présenté quelques morceaux de son prochain album, en alternance avec les standards d’Happy Soup. Plaisant, un peu kitsch par moments, le crooner low-Fi et un poil déglingué offre un concert sans fautes, conforme aux bricolages dépouillés et séduisants de son album. Certaines au premier rang n’hésitent pas à jeter sur scène leur soutien-gorge, au grand plaisir narquois du maître de cérémonie. Je ne leur jette pas la pierre, après tant d’ « à poil !!! » scandés  en concert par des mâles chauffés au houblon.

 

Le temps de manger un bout (Chez Mémé ? Pita ? Thaï ? Burger ?) et de commander une bière frelatée hors de prix, et il faut rejoindre la petite scène bondée pour Toy. Energie supersonique devant un public libérant encore quelques grammes d’énergie, les anglais livrent un concert compact, percutant, très efficace. Comme Cheveux un peu après.  Et les spectateurs semblent conquis,  les pieds encore dans la boue. Fin du set, on regarde son programme, on finit sa bière, sa galette-saucisse, on constate qu’on n’a plus que 10% de batteries, qu’on ne sait pas où est Martine, que David nous a appelé il y a cinq minutes, que Justine nous attend au stand des Balades Sonores. On a envie de pisser, mais on croise Matthieu, Simon ou Karine qu’on n’a pas vus depuis des lustres et qu’on retrouve dans la pénombre d’une fin de festival. On discute cinq minutes ou jusqu’au lendemain, mais on ne perd pas de vue qu’il ne nous reste que deux jetons dans les poches. On se dit que l’essentiel est fait, que l’édition 2014 est pliée. Mais la soirée n’est pas terminée et malgré les muscles endoloris, la fatigue et la lassitude de trois jours de boue, on va honorer la fin du festival.

 

Alors se diriger vers la Grande Scène pour voir Temples. Sans en attendre rien de spécial. Un album remarqué, un single remarquable. Il faut bien en passer par là : encore deux trois artistes pour aller au bout. On a déjà en tête nos chouchous de cette édition, on compare, on débat, on commence à résumer mentalement cette année 2014 au Fort St Père. Et puis la magie opère : d’un cd mal écouté on passe à une révélation. Patrick Watson m’avait fait le même effet en 2012. Temples a été magistral. Porté par un chanteur hybride à talonnettes, entre Marc Bolan et Robert Plant, le groupe a illuminé le Fort St Père d’une relecture d’un Sun Structures tubesque. Le plaisir d’entendre en trois soirs des chansons à l’ancienne, certes multi-influencées par les Beatles, T-Rex, les Byrds mais tellement revisitées, réappropriées, sublimées qu’on succombe à leur élégance naturelle. Temples a livré un concert plein de subtilités harmoniques, déroulant les douze morceaux de leur album avec une imprégnation fragile et parfois incisive. The Golden Thrones ou More With The Season ont sevré le public. Morceaux implacables. Pour certains, il était question de structure. Non, Temples n’a rien inventé : mais trouver d’aussi bons relayeurs d’une musique aussi inspirée, immédiate, référencée, a fait qu’on tenait ce soir-là la parenthèse enchantée d’une prestation parfaite. 

 

Après on tombe. On veut bien boire un dernier verre, on veut bien aller voir Jamie XX. Qui a été impérial mais trop long. Cela fait 18 heures qu’on accepte la boue, les gens qui bousculent. Mais quand on n’a pas pris de Beuh ou de Md, les 18h de concert sont rudes. Alors on préfère regagner la tente, dans un camping dévasté par les chants patriotiques, les interactions de tentes à tentes. Des potes reviennent en louant Todd Terje. Des ados squattent un canapé. On est fatigué mais on profite de l’engouement général. Demain, on va se coucher tôt, une tisane dans les pattes. Sans campeurs qui se lancent une bouée en dauphin tout en imitant le cri. Sans interprètes d’Aznavour, de Patrick Sébastien, cramés depuis trois heures dans une tente gigantesque. La Route du Rock est terminée, vivement l’année prochaine. Assis dans mon canapé, je commence à regretter les Quechuas mouillées.

Par Johann - Publié dans : Plein les yeux plein les oreilles
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